Depuis de nombreuses années, la diversification est perçue comme une stratégie essentielle pour élargir les activités de Michelin et renforcer sa robustesse face aux aléas des marchés. Les expériences récentes mettent toutefois en évidence les difficultés du Groupe pour réussir dans ces nouvelles voies. Bien souvent, les salariés en payent le prix. Au moment où Michelin annonce l’acquisition de deux nouvelles entreprises, les élus CFE-CGC invitent Michelin à considérer les salariés des filiales au même titre que les salariés de la Manufacture Française des Pneumatiques Michelin (MFPM).
Depuis plusieurs années, l’entreprise veut se développer dans les domaines hors-pneu. Mais, nous l’avions déjà relevé dans nos communications, il nous semble dangereux d’en faire l’unique axe de croissance de Michelin. Les ventes en pneumatiques restent encore la source de revenus principale de notre entreprise.
Aujourd’hui, deux stratégies de croissance externe sont réalisées afin d’atteindre les objectifs de diversification imposés par le Groupe :
· L’acquisition d’entreprises établies, y compris à un coût élevé, afin de s’insérer dans des marchés pérennes et garantir une diversification rentable sur le long terme.
· Le développement d’initiatives, qui peuvent finir par devenir des filiales à part entière, et sur lesquelles les risques de survie sont proches d’une PME.
Pour le moment et avec le recul que nous pouvons porter sur cette stratégie, les tentatives de diversification de Michelin via des développements de filiales, telles que Watèa, Symbio, ou Wisamo, ont échoué.
Malheureusement, ce sont les salariés qui en payent le prix. Souvent anciens salariés de Michelin, ils ont quitté la MFPM et fait le pari de travailler dans une filiale, prêts à relever le chalenge d’une nouvelle carrière dans un nouvel environnement. Mais les plans sociaux se succèdent et les salariés se retrouvent sur le pavé.
Ainsi chez Watèa où les 45 salariés restants, sur la centaine qu’ils étaient à l’origine, auraient dû subir un plan social au rabais, indigne des valeurs de Michelin. Plusieurs organisations syndicales dont la CFE-CGC, sont intervenues auprès de la Direction pour aider les salariés de Watèa. En conséquent, Michelin a décidé de revoir les conditions du PSE. C’est une nouvelle encourageante pour les élus qui se battent aux côtés des salariés. Car dans cette affaire, certains auront tout perdu.
La CFE-CGC demande que les salariés des filiales soient traités de la même manière que les salariés du Groupe. La gestion des salariés dans l’ensemble du Groupe doit être améliorée :
– pour prévenir l’érosion de la confiance envers l’employeur
– et pour abonder dans la décence de traitement des salariés, au cœur des valeurs prônées par Michelin depuis toujours.
Il est temps de le faire alors que Cooley Group et de Tex Tech Industries, deux leaders des marchés de tissus enduits et textiles techniques, rejoignent le groupe Michelin.
Les élus CFE-CGC Michelin sont à l’écoute des salariés de tout le Groupe, MFPM ou filiales. N’hésitez pas à nous solliciter.