Déclaration CFE-CGC au CSEC du 28 janvier 2025
Lors des NAO, il a été évoqué une simple recommandation auprès des managers afin d’éviter le « saupoudrage » pour les collaborateurs et cadres. Mais à aucun moment, il n’a été indiqué que la consigne serait de déshabiller « Pierre » pour habiller « Paul ». C’est pourtant bien ce que recommande l’employeur dans ses documents adressés aux managers en date du 16 janvier et 23 janvier :
« l’Entreprise recommande vivement de privilégier des augmentations individuelles d’au moins 2% afin qu’elles soient plus significatives pour les personnes concernées. En pratique, cela conduira en effet à ce qu’une part importante des salariés (environ la moitié) ne bénéficie d’aucune augmentation individuelle même si leur performance individuelle est solide ».
Sur la forme, à quoi servent les NAO si c’est pour que les élus du personnel découvrent des informations dans des documents destinés aux managers ? Où est le respect des élus ?
Sur le fond, l’employeur demande en conscience à ses managers de priver d’augmentations individuelles environ 5 000 collaborateurs et cadres, malgré leur engagement et des résultats financiers parmi les meilleurs que Michelin ait jamais réalisé : 2ème meilleur ROS de sa longue histoire (130 ans), Free Cash Flow supérieur à l’engagement pris auprès des actionnaires.
L’entreprise innove également en inventant le concept de « recommandation obligatoire » puisque d’après les propos relayés auprès de plusieurs managers à Ladoux, tout manager proposant des augmentations inférieures à 2% aux collaborateurs et cadres se verra opposé une fin de non-recevoir par le Service du Personnel et sera prié de revoir sa copie pour appliquer la consigne.
Les managers sont envoyés en première ligne faire le sale boulot. On les réduit à un rôle d’exécutants, doigt sur la couture. Où est la responsabilisation des managers ? Où est le « Icare » par rapport à l’engagement des salariés ?
La CFE-CGC s’insurge face à ces pratiques d’un autre âge, inadmissibles et indécentes. La direction sème les germes de la division, au lieu de jouer la cohésion des équipes. Il en résultera la discorde dans les équipes entre celles/ceux qui auront eu droit à des augmentations et celles/ceux qui n’auront rien.
Ce n’est pas acceptable. La CFE-CGC communiquera largement sur ces pratiques délétères et exhorte la direction à stopper toute forme de pression sur les managers.
Quelle indécence alors que les résultats du groupe s’annoncent record…
Je ne suis pas manager, je l’ai été, et je suis de tout coeur avec mes collègues qui vont devoir de nouveau expliquer l’inexplicable…
Oui, nous sommes tous de tout coeur avec les managers.