Assemblée Générale des Actionnaires Michelin : le compte-rendu de la CFE-CGC

L’Assemblée Générale des actionnaires s’est tenue le 13 mai au Zénith de Clermont-Ferrand, en présentiel pour la première fois depuis trois ans. C’est toujours une belle occasion de connaître les orientations du Groupe. La CFE-CGC retient notamment l’orientation « Planète » qui doit encore accélérer, des objectifs de ROS et de Free Cash Flow confirmés dans un contexte macro-économique compliqué. Nous saluons la clarté des présentations et l’organisation réussie de l’événement.



Voici les trois points marquants de l’Assemblée :

1- L’assemblée a pris depuis plusieurs années un virage « Planète ». Le Groupe communique désormais sur les externalités (valorisation des impacts négatifs tels que l’émission de CO2, la consommation d’eau et de solvants). Les deux présentations d’activités étaient relatives à la décarbonation et à la percée des véhicules électriques.
La feuille de route « décarbonation » est ambitieuse avec une division par 2 des émissions de CO2 des sites d’ici 2030 via l’électrification des presses de cuisson, le changement d’énergie (arrêt du charbon) et sa réutilisation. 300 M€/an seront investis sur les 3 prochaines années à cette fin. Florent Menegaux précise qu’il faut trouver le bon niveau entre investissement et impact sur le Free Cash Flow.

En revanche, sur le scope 3 (activités d’extraction, opérations logistiques, gestion de fin de vie du produit), l’effort est moins substantiel : -15% de réduction pour le transport alors qu’il s’agit du périmètre générant le plus de rejets. La CFE-CGC invite le Groupe à accélérer sur les opérations logistiques, très génératrices de CO2.

Par ailleurs, la percée des véhicules électriques pourrait rabattre les cartes de l’industrie automobile, offrant des opportunités aux constructeurs chinois. Néanmoins Michelin peut valoriser ses atouts techniques dans le domaine, avec ses gammes largement plus performantes que celles de la concurrence.

2- Malgré un contexte pour le moins chahuté et instable, le Groupe a confirmé aux actionnaires ses objectifs de Résultat Opérationnel Sectoriel (3,2 Milliards d’€ à parité constantes) et de Free Cash Flow (supérieur à 1,2 Milliard d’€). Le Groupe montre sa capacité à tenir le cap dans un environnement incertain. Ce sont ces éléments qui conditionnent grandement la rémunération variable des salariés.

3- La rémunération de Florent Menegaux n’a été approuvée « qu’à » 75% (rappel : la CFE-CGC avait appelé à l’abstention sur cette résolution, notamment parce que bien qu’élevée, elle reste « raisonnable » en comparaison d’autres patrons du CAC40). Habituellement, celle-ci est approuvée à plus de 95%. Cette année, sa rémunération variable annuelle a été plafonnée à 1,350 M€ (sans plafond, elle aurait dépassé les 2 M€).

A NOTER : sur l’intranet Michelin, l’entreprise présente un graphique de « répartition de la création de valeur » qui mentionne « 57% pour les salariés ». La CFE-CGC vous rappelle que les salaires n’entrent pas dans le « partage de la création de valeur » : ils rétribuent un travail indispensable à ladite création de valeur, au même titre que les matières premières par exemple qui n’apparaissent pas sur ce graphique. Il est normal que les « bonus » et l’intéressement y figurent mais certainement pas les salaires.


Dominique Bourgois, Nicolas Mirvault, pôle économie et finance CFE-CGC Michelin.

2 réponses à “Assemblée Générale des Actionnaires Michelin : le compte-rendu de la CFE-CGC”

  1. Sebastien dit :

    Concernant les 57% de rétribution aux salariés, sauriez-vous nous dire quelle est le part des salaires et la part des Bonus pour nous permettre d’avoir une vision claire de la répartition réelle entre les salariés et les autres « partenaires » ?

  2. misselyly dit :

    Merci pour votre compte rendu et vos actions.
    Comme toujours la CFE-CGC est réactive et sur les sujets d’actualité pour nous représenter. Bravo et MERCI!

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