Taux de SG&A, Michelin le plus bas des manufacturiers : quelles conséquences ?

Selon le cabinet Secafi, Michelin a le taux de SG&A le plus bas des manufacturiers. Pourtant, faute de croissance, Michelin continue sa traque aux SG&A. Sachant que les SG&A sont constitués aux 2/3 de masse salariale, nous redoutons de nouvelles restructurations.

En CSEC (Comité Social Economique Central), le cabinet Secafi qui éclaire les organisations syndicales sur la politique économique et financière de l’entreprise a présenté son rapport sur les résultats de l’année 2025. Parmi les points abordés, un focus a été apporté sur les SG&A (acronyme anglais pour : Selling, General & Administrative expenses). Pour rappel, les SG&A regroupent trois grands postes de dépenses : Les frais administratifs et généraux (2 265 M€) Les frais de recherche et développement (788 M€) Les frais commerciaux (1 176 M€) En 2025, les SG&A ont légèrement reculé en valeur et restent à un niveau contenu en % du chiffre d’affaires.

La CFE-CGC constate que les frais commerciaux ont beaucoup reculé en valeur depuis sept ans, alors même que le Groupe souhaite désormais reprendre des volumes. Nous déplorons que la recherche plafonne à 3% du CA depuis 10 ans, alors même que le Groupe entend mener une stratégie de la valeur, assise sur des produits innovants et à forte valeur ajoutée, nécessitant donc un investissement conséquent en recherche.

Pirelli consacre ainsi depuis des années 4,2% de son CA à la recherche et cet effort continu nourrit sa rentabilité, désormais supérieure sur le tourisme à celle de Michelin. 

Enfin, et surtout, le rapport met en évidence que le taux de SG&A (hors R&D) de Michelin est le plus bas des manufacturiers premium.

Dès lors, il est difficilement compréhensible que le Groupe, qui est déjà « best in class », poursuive sa traque aux SG&A.

Pour la CFE-CGC, une explication probable à cette chasse aux SG&A est que face à la stagnation du CA autour de 28 milliards depuis 4 ans, le Groupe n’a pas d’autre solution que de réduire encore et toujours ses coûts – et donc ses SG&A – pour dégager un niveau de résultat conforme à ses engagements auprès des actionnaires.

Sachant que les SG&A sont constitués aux 2/3 par de la masse salariale sur la zone Europe du Sud, à laquelle la France est rattachée, nous redoutons la poursuite d’une politique salariale d’austérité et d’éventuelles nouvelles mesures visant à réduire cette masse salariale. 


2 réponses à “Taux de SG&A, Michelin le plus bas des manufacturiers : quelles conséquences ?”

  1. CtrlAltMute dit :

    Très intéressant d’avoir accès à ce genre d’info. Merci

    • admin CFE-CGC dit :

      Merci, effectivement il faut que tous les salariés aient conscience de ces informations, des choix stratégiques et de leur impact.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *