Les actionnaires de Michelin ont reçu 1 649 000 000 € sous forme de dividendes et de rachats d’actions en 2025. C’est un double record : record du montant de dividendes versé (983 M€) et record du montant des rachats d’actions (666 M€). La CFE-CGC s’interroge sur ces sommes astronomiques au moment où la croissance de Michelin est en berne et que le Groupe peine à réussir sa stratégie valeur, basée sur l’innovation et des produits à forte valeur ajoutée. Moins de rachats d’actions et plus de recherche et développement aurait pu être une autre solution ? Et très concrètement, vos élus CFE-CGC commencent les négociations sur les augmentations de salaires et espèrent que les salariés seront choyés autant que les actionnaires.
Chez Michelin, pendant que les usines souffrent ou pire ferment (Cholet, Vannes en France), que des centaines de salariés s’interrogent sur leur avenir professionnel incertain, les actionnaires, eux, continuent à être particulièrement choyés. 2025 constitue ainsi une année record pour les actionnaires Michelin puisque le Groupe leur a consacré 1 649 000 000 € sous forme de dividendes et de rachats d’actions. Jamais le Groupe n’avait versé autant d’argent à ses actionnaires.

Le retour aux actionnaires (« shareholder return ») s’envole : il représente 87% du bénéfice 2024 du Groupe, bien au-delà de la moyenne pourtant déjà particulièrement élevée des groupes du CAC 40 (71%). Il se caractérise par un double record : record du montant de dividendes versé (983 M€) et record du montant des rachats d’actions (666 M€ : un chiffre symbolique des dérives du capitalisme actuel ?).
Concernant spécifiquement les rachats d’actions, l’engagement auprès des actionnaires d’aller jusqu’à 1 milliard € en cumul sur 3 ans (2024-2025-2026) s’est transformé en 1,166 milliard € en à peine 2 ans. Ce faisant, le Groupe a-t-il simplement cédé aux injonctions du marché, de peur que les actionnaires aillent voir ailleurs ? En effet, selon les pratiques imposées par les marchés anglo-saxons, lorsqu’une entreprise génère beaucoup de cash et que ce cash excède son besoin d’investissements rentables court terme, alors elle doit restituer ce surplus de cash à ses actionnaires sous la forme de rachats d’actions. Cet argent rendu aux actionnaires est alors censé être réinjecté dans le circuit économique pour financer des industries naissantes et promises à forte croissance. Malheureusement, dans la pratique, rien ne prouve que l’argent rendu est bien réinvesti dans l’économie et/ou lorsqu’il est effectivement réinvesti, il n’alimente pas finalement des bulles spéculatives finissant par exploser (Internet, immobilier hier, IA aujourd’hui).
En tout cas, la CFE-CGC s’interroge sur la pertinence des montants engagés. A l’heure où sa croissance est en berne et que le Groupe peine à soutenir sa stratégie valeur, basée sur l’innovation et des produits à forte valeur ajoutée, n’aurait-il pas été plus opportun d’allouer ce capital différemment : moins de rachats d’actions et plus de recherche et développement ? Depuis des années, le budget de recherche reste ainsi désespérément inférieur à 3% des ventes quand un concurrent comme Pirelli dépasse largement les 4%, ce qui nourrit son haut niveau de rentabilité.

Si on veut vendre des produits innovants et à forte valeur ajoutée, il faut s’en donner les moyens et investir. Ce sont des réalités qui invitent à une rapide correction de trajectoire, a fortiori avec un nouveau co-gérant issu de la recherche.
Par ailleurs, à l’heure où s’engagent les NAO (négociations annuelles obligatoires), la CFE-CGC attend plus que jamais une symétrie des attentions entre actionnaires et salariés. Les salariés ne comprendraient pas qu’ils ne soient pas eux aussi justement et financièrement récompensés, alors que dans le même temps les actionnaires n’ont jamais autant reçu.
Le pôle économie finances
Vu ce que les actionnaires obtiennent depuis des années et avec les résultats du groupe qui s’annoncent très bons dans les dix meilleures de tout les temps et ce malgré le profit warning, alors il est à espérer que notre entreprise reconnaisse enfin à travers les augmentations de salaires l’engagement des salariés et nous permettent d’avoir enfin nos médianes correspondant au marché… nous devons être payés à notre valeur
Oui, effectivement, ce serait juste et légitime de reconnaître l’engagement fort des salariés.
Et pourtant il y a eu du profit warning, les deplacements limites, des nao a venir limitees, un bonus groupe et donc equipe reduits….le groupe va mal…..vraiment???
Non Fab, le Groupe ne va pas mal. Le Groupe va bien même si les ventes sont en panne, ce qui est un signal d’alarme. Mais le Groupe reste très sain financièrement et va afficher un résultat record. Et il récompense ses actionnaires. Espérons qu’il récompensera aussi ses salariés.
Stratégie de la valeur, jusqu’à l’explosion…
Ce graphique est édifiant voir terrifiant…
5 années de hausse des dividendes. 5 années de fermeture d’usine. 5 année de NAO compliquées.
Stratégie de la valeur, oui, mais jusque quand ?
Effectivement, c’est effarant !