Nous, élus CFDT, CFE-CGC, CGT et Sud, dénonçons la révision unilatérale et sans concertation avec les organisations syndicales, de l’accord Télétravail dans le monde.
Avant même le début de la renégociation de l’accord pour la France, prévu le 17 avril, une note parue sur Intranet le 2 avril annonçait l’intention du Groupe de limiter le Télétravail à 2 jours dans toutes les régions.
Cette annonce, présentée comme une intention, fixe un cadre et des limites avant même le début des discussions. C’est une méthode qui va à l’encontre du dialogue social, une méthode qui surprend, déçoit, et inquiète. Elle génère incompréhension et frustration, tant chez les élus syndicaux, les managers, que chez les salariés.
1 salarié sur 5 a appris par sa hiérarchie qu’il allait perdre un jour de télétravail, sans explication claire. Les managers, les PDP eux-mêmes, ont été mis en difficulté, sans information suffisante, provoquant désarroi et tensions dans les équipes.
C’est la manifestation d’un mépris du dialogue social, de plus en plus mis à mal. Mais c’est aussi une méthode déloyale, légalement contestable.
Une négociation menée de façon déloyale peut également constituer une entrave à l’exercice du droit syndical, pouvant être sanctionnée pénalement (C. trav., art. L. 2146-1 ; Cass. crim., 28 oct. 2008, no 07-82.799) mais également civilement, par l’octroi de dommages et intérêts aux syndicats concernés.
Nous le disons clairement : ce n’est pas ainsi que se construit un dialogue social sincère et respectueux. Le dialogue suppose écoute et échanges.
En conséquence, les élus CFDT, CFE-CGC, CGT et Sud demandent, pour que la négociation qui commence soit digne de ce nom, que Michelin ne définisse aucune contrainte non négociable pour la France en amont.
« 1 salarié sur 5 a appris par sa hiérarchie qu’il allait perdre un jour de télétravail, sans explication claire »
Très étonné par cette phrase. Soit elle est mal construite, soit elle est fausse.
Ainsi formulée, elle sembler indiquer que 20000+ salariés avaient + de 2 jours de télétravail par semaine et via l’accord allaient en perdre un. Vous vous rendez bien compte que c’est parfaitement irréaliste.
A reformuler donc pour faire passer l’information que vous souhaitiez nous transmettre sur ce ratio 1 sur 5.
Bonjour Florian, effectivement il s’agit des salariés qui bénéficient de 3 jours de télétravail. Merci pour la remarque.
Cela ne laisse rien augurer de bon sur de futures negociations clés qui s annoncent.
Nous vous tiendrons informés.
Bonjour, personnellement le fait que l’entreprise pose un cadre dans lequel il reste encore un terrain de jeu relativement large, ne me choque pas (j’ai compris que cette ligne guide ne concerne que le TTV régulier). Que l’entreprise précise qu’elle souhaite que ses employés ne passent pas plus de 50% de leur temps de travail (3jrs/5jrs de la sem = 60%) en TTV mais physiquement dans l’entreprise me parait même plutot pertinent (qui plus est dans une entreprise où ma majeure partie des employée travaille en production et ne peut pas en faire). J’ai pu observer une baisse de dynamique collective dans mes différentes équipes depuis le dernier accord sur le TTV, et même sur certains plateaux une présence plus conséquente des prestataires externes que des Michelins ! J’ai souvent l’impression d’avoir 2 équipes, une coeur (avec pas/peu de TTV), et une élargie avec tout le monde, et un impact notable sur les interactions, la réactivité et la dynamique collective. N’oublions pas l’intéret collectif sous tous ses angles dans l’analyse.
Merci Thomas pour cette réflexion. Ce qui nous chiffonne est l’absence de dialogue et le cadre imposé avant l’échange plus que le fond de l’annonce.