Rémunérations variables & prime exceptionnelle : bien mais encore perfectible

Les excellents résultats 2021 vont permettre aux salariés de recevoir une rémunération variable significative au titre des bonus Groupe et bonus Equipes (sous réserve d’atteinte des objectifs).

Voici les résultats par lettre, calculés sur le salaire médian avec une hypothèse d’atteinte des objectifs à 80%* :

L’avantage du dispositif est d’associer financièrement les salariés aux excellents résultats de l’entreprise.
Nous avons suffisamment critiqué l’absence de distribution aux salariés des résultats du Groupe lorsqu’ils étaient bons pour saluer ici cette avancée majeure. Désormais, les collaborateurs et cadres bénéficient directement des résultats du Groupe lorsqu’ils sont bons. C’est moins vrai pour les agents en raison du mode de calcul de la RVA qui peut être affecté par des éléments externes.   

Toutefois, nous émettons deux réserves par rapport à ce dispositif :

D’abord, une partie de ce qui a été gagné sur le Bonus Groupe et Equipes a été perdu sur l’intéressement. En effet, l’enveloppe maximale d’intéressement est passée de 10% à 5,65% de la masse salariale lors du dernier accord conclu en juin 2020, avec un effet très concret : En 2019, 75 M€ avaient été distribués sur la MFPM au titre de l’intéressement. Cette année, ce sera 46 M€, soit un recul de pratiquement 30 M€, alors qu’on est proche du maximum atteignable (5,22% France pour un maxi de 5,65%). C’est un élément à ne pas perdre de vue puisque la rémunération variable est bien la somme de 3 composantes : Bonus Groupe + bonus équipes + intéressement.

Deuxièmement, le système, bien que progressif, nous semble inéquitable.  
En effet, pour les collaborateurs, il n’y a pas de différenciation en % du salaire médian entre les lettres (10, 3% du salaire médian) et pour les cadres, la progressivité sur les lettres N à I est relativement linéaire. C’est entre +1,3 pt et + 2,4 pts du salaire médian par lettre. Ainsi entre K et L, il y a un écart de 1,3 point (16,7% du salaire médian pour K contre 15,4% pour L).  Les « marches d’escalier » sont donc assez régulières.
A titre informatif, les lettres N à I constituent près de 90% des effectifs cadres.

Ensuite, il y a un décrochage à partir de la lettre H. Les marches d’escalier deviennent de plus en plus hautes. Ainsi, entre H et I, on passe à un écart de 4,9 pts et entre E et F, l’écart est de 6,2 pts.
Dit autrement, les cadres Groupe bénéficient proportionnellement davantage des très bons résultats du Groupe que le reste des salariés. On le voit au travers de la courbe qui est exponentielle et non pas linéaire.

Est-ce normal ? Pour la CFE-CGC, la réponse est négative.
Qu’il y ait une progressivité qui corresponde au niveau de responsabilité, cela peut s’entendre.
Que cette progressivité ne soit pas linéaire et récompense davantage la couche très supérieure (environ 10% des cadres) n’est pas pour la CFE-CGC facteur de cohésion sociale.  Elle ne peut qu’alimenter le ressentiment des autres salariés et raviver une impression de « lutte des classes ». Ce n’est pas bon et c’est bien une organisation syndicale qui défend majoritairement les cadres qui dénonce ce biais.

La CFE-CGC demande donc à la Direction de revoir ce système vers davantage d’homogénéité et d’équité. L’association des agents aux résultats doit également être revue. Si notre organisation syndicale avait été associée à la réflexion en amont, elle aurait pu émettre ces remarques pour construire un système plus juste.

DERNIERE MINUTE : LE GROUPE ANNONCE UNE PRIME EXCEPTIONNELLE DE SURPERFORMANCE

La direction a communiqué sur l’attribution d’une prime supplémentaire exceptionnelle qui s’adresse à tous les salariés présents aux effectifs à fin décembre pour récompenser la surperformance.

La CFE-CGC salue ce geste et apprécie qu’il s’adresse également aux CDD, alternants et intérimaires. Nous avons récemment interpellé l’entreprise sur le RDV manqué des NAO et l’attente de reconnaissance des salariés, nous avons été en partie entendus.

Son montant de 600€ (exonéré de charges et impôts pour les salaires < 3x SMIC moyen / 12 mois) est appréciable, notamment pour les agents et collaborateurs, peu récompensés par le système de rémunération variable, comme le montre notre tableau ci-dessus.

Néanmoins, nous maintenons notre demande de reconnaissance par des augmentations de salaires, qui, elles, sont pérennes et appelons à retravailler les paliers de rémunération variable pour qu’il soit par essence équitable sans avoir besoin d’être compensé dans l’urgence par une prime éphémère.

Le pôle économie – finance CFE-CGC, le 15 février 2022.

10 réponses à “Rémunérations variables & prime exceptionnelle : bien mais encore perfectible”

  1. Leo dit :

    Bonjour, j’étais intérimaire chez Michelin et j’étais en contrat le 31 décembre, j’ai quitté l’entreprise le 4 mars, et je n’ai pas eu la prime sur le mois de mars. Est ce normal ?
    Merci d’avance
    Leo

    • Laure TRINCAL dit :

      Bonjour Léo, si vous avez quitté l’entreprise le 4 mars, la prime devrait apparaitre dans votre solde de tout compte, il faut en vérifier le détail car vous étiez en effet éligible.

  2. Michel dit :

    Bonjour,
    Vous écrivez que la prime supplémentaire exceptionnelle s’adresse à « tous les salariés présents aux effectifs à fin décembre ». Est-ce que les personnes ayant quitté l’entreprise au 1er janvier dans le cadre de la RCC2021 sont concernées ?

  3. Benoit dit :

    Bonjour.
    Pour aller un peu plus dans le détail. Auparavant on pouvait placer dans le PEE/PERCO la prime de participation et la prime d’intéressement.
    La prime d’intéressement existe toujours mais la prime de participation a été remplacé par le bonus groupe + bonus équipe.
    – Est ce qu’une partie de ces bonus pourront être placé dans le PEE/PERCOL ?
    – Ou est ce que l’avantage fiscal qu’on obtenait en plaçant la participation dans le PERCO a disparu avec la nouvelle rémunération variable?
    Avez vous des informations ?

    • Laure TRINCAL dit :

      Bonjour Benoit,
      Je confirme ma réponse ci-dessous : seul l’intéressement procure un avantage fiscal, mais pas d’abondement correspondant.
      La part variable est imposable. Mais en placer une partie permet de récupérer l’abondement.

      En effet, la CFE-CGC a été la seule OS qui protestait contre le transfert des montants distribués en intéressement et participation vers des primes fiscalisées.

      C’est une décision groupe, visant à adopter un dispositif commun « monde ».

  4. Jean-Christophe dit :

    Bonjour,
    petite question au passage. Quelle partie pouvons nous placer sur ex- PERCO/PEE ? Intéressement ? Bonus Teams? Bonus Groupe? Ce n’est toujours pas clair pour moi.
    Merci !

    • Laure TRINCAL dit :

      Bonjour Jean-Christophe,
      l’intéressement n’est pas imposable si vous le placez directement sur le PERCO ou PEE mais il ne déclenche pas d’abondement.

      Vous Pouvez placer les parts variables sur PEE et PERCO : elles déclencheront l’abondement (dans la limite des plafonds) mais sont imposables.

  5. Julien dit :

    Bonjour, est-ce que dans l’estimation du Bonus groupe + équipes ça comprend aussi l’intéressement ou est ce que l’intéressement est à part comme les autres années?

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