Du 9 au 24 septembre, les salariés et retraités Michelin peuvent souscrire – dans le cadre du plan Bib’Action – des actions Michelin à des conditions préférentielles. Si vous en avez la possibilité et en toute connaissance des risques liés à un tel investissement, souscrire peut constituer un investissement attractif qui permet en outre d’augmenter le poids des salariés dans le capital et ainsi, à terme, permet de mieux faire entendre leur voix.
Première raison : un bon placement
Malgré un prix de souscription relativement élevé comparativement à certains autres plans, le Bib’Action semble être un bon placement pour les salariés : décôte de 30%, abondement jusqu’à 15 actions gratuites. Sur le site dédié est rappelé la rentabilité des plans précédents : ainsi pour un achat de 20 actions à chacun des 4 plans précédents, un salarié aurait une valorisation de son portefeuille de 4 495 € pour un investissement personnel de 1 790 €, auxquels il faut rajouter 599 € de dividendes perçus.

Alors même si les performances du passé ne présagent pas celles du futur, les mécanismes de décôte et d’abondement semblent offrir de jolies perspectives pour les salariés.
Deuxième raison : davantage de poids pour (espérer) davantage peser
Avec 3,1% du total du capital détenu au 31/12/2025, le poids des salariés est encore bien trop faible pour peser sur les orientations, notamment sur les objectifs toujours plus élevés de rentabilité et les moyens pour les atteindre.
Ce poids doit donc croître pour espérer être en capacité, un jour, d’infléchir les orientations du Groupe. La direction s’est fixée un objectif à horizon 2030 de 4% du capital détenu par les salariés. C’est un objectif relativement modeste au regard de ce qui se pratique déjà aujourd’hui dans les Groupes du CAC 40 puisque la moyenne actuelle des Groupes du CAC 40 est de 4,8%, (avec une détention moyenne des actions de 12 ans, donc un actionnariat stable dans le temps). Et la cible de la Fédération de l’Actionnariat Salarié (FAS) est de dépasser la barre des 10% du capital détenu par les salariés. C’est d’ailleurs déjà le cas pour Eiffage (24% du capital détenu par les salariés), Bouygues, Vinci et TotalEnergies.
A l’appui de ces exemples, la CFE-CGC demande que le Groupe revoie son objectif à 10% du capital détenu par les salariés à horizon 2030-2035. A 10%, les salariés pourront commencer à peser.
Troisième raison : un représentant des salariés actionnaires au Conseil de surveillance
La loi française impose la nomination d’au moins un administrateur représentant des salariés actionnaires au Conseil d’Administration dès lors que la détention globale du personnel franchit le seuil des 3%. Il y a donc un enjeu de représentativité.
Au-delà de l’intérêt financier individuel, la CFE-CGC considère que le développement de l’actionnariat salarié constitue un levier important pour renforcer la place des salariés dans la gouvernance et les orientations de l’entreprise.