Le billet d’humeur du D.S.C. – Avril 2024

« Cadres, réveillez-vous ! »

Cela ne vous aura peut-être pas échappé mais le positionnement et la communication de notre syndicat se sont quelque peu durcis ces dernières années. Soyons-en fiers car c’est un signe positif du changement qui s’opère et qui ne va pas s’arrêter là. Préparons-nous !

Au plus haut niveau de notre Confédération, notre Président, François Hommeril, multiplie les déclarations et les interviews de plus en plus politiques et critiques, étrillant au passage les incohérences voire la bêtise de ceux qui nous gouvernent (cf. https://flip.it/8R2BQ6).

Il pointe du doigt surtout le mauvais traitement accordé aux Techniciens, Collaborateurs et Cadres (personnel d’encadrement au sens large, s’entend) de moins en moins aimés par les entreprises, et qui semblent devoir payer tous les faux-semblants et hypocrisies dont les « petits salaires » sont faussement les bénéficiaires.

Cette situation, les populations que nous représentons l’acceptent de moins en moins et elles le disent de plus en plus clairement. La CFE-CGC détient désormais la majorité de la représentation syndicale dans la moitié des entreprises du CAC 40 !

En local, au niveau de notre section syndicale, depuis 2020, les relations avec l’employeur sont tendues. Notre communication serait trop dure… C’est d’ailleurs une critique que j’entends ça et là, comme si une malédiction allait nous tomber sur la tête à force de « les » énerver. Quel manque de lucidité et de courage !

Soyons-en fiers : nous sommes le seul syndicat à faire le job et vraiment défendre tous les salariés, d’une manière équilibrée, sans concession ni compromission.

Nous ne sommes aveuglés ni par un dogme ni par de supposées valeurs qui semblent justifier tout et son contraire ces temps-ci. Tout le monde s’en gargarise comme pour justifier les pires renoncements ou trahisons. Il ne faut pas avoir peur.

Certes on peut et on doit douter ; c’est sain et ça permet la discussion et le progrès. Mais avoir peur, non. C’est comme ces salariés qui redoutent d’adhérer au syndicat craignant pour leur carrière. Quelle carrière, a-t-on envie de leur demander ? je supprimerai cette phrase. Ta carrière, tu la construis, dans l’entreprise ou ailleurs. Ton employabilité, tu y travailles au quotidien. Ton destin, tu le prends en main. Voilà le discours que nous tenons avec tous ces salariés qui viennent nous voir pour être « accompagnés ».

C’est encore plus vital aujourd’hui, après le show (au bon sens du terme) de la semaine dernière au Carrousel du Louvre où 1300 cadres du monde entier étaient réunis pour découvrir les résultats du Groupe et son nouveau positionnement stratégique : nous ne serons plus désormais un fabricant de pneus, qui met aussi à la disposition du marché des offres autour et au-delà du pneu. Désormais nous devenons le champion des « composites flexibles », leader mondial des solutions de bien-être, de mobilité, …

C’est dire si le virage est raide et exige de chacun de nous une solide tenue de route, autrement dit c’est maintenant ou jamais qu’il faut s’interroger sur ce que l’on veut, sur ce que l’on vaut, et sur ce que l’on est prêt à faire ou ne pas faire. C’est aussi notre devoir de challenger et interroger l’employeur sur les opportunités et les ressources offertes aux salariés. En interrogeant et en décryptant cette stratégie, nous avons aussi l’objectif d’aider à éclairer chacun et chacune sur ses futurs choix de développement, d’orientation, pour passer au mieux ce virage.

Lors de « Us Tomorrow » un membre du C.E.G. l’a dit sans ambages : « C’est à vous de vous prendre en main et make it happen !».

Tout est dit.

Nous serons aux côtés des salariés pour les y aider.

José Tarantini

Délégue Syndical Central CFE-CGC Michelin