2300 postes supprimés en France, mais où ?

Selon la direction de Vannes, le site produisant des renforts métalliques ne serait pas touché par les réductions d’effectif, celles-ci ayant déjà été réalisées les années précédentes. La CFE-CGC vérifiera si les mesures de départ en retraite anticipée sont applicables ou pas dans ce cas.

A Golbey, spécialisé en renforts métalliques, la baisse d’effectif est projetée autour de 20%, soit 50 postes. La direction indique qu’il s’agit de la continuité du plan de compétitivité déjà annoncé. La CFE-CGC est aux côtés des salariés pour challenger chaque suppression d’emploi et nous veillerons à ce que les éventuels départs en rupture conventionnelle soient réellement volontaires.

Sur le site de Bourges, qui fabrique les pneus avion, un accord APLD vient d’être signé en fin d’année. Il n’y a donc pas d’annonce supplémentaire de suppression de postes, mais les 150 postes déjà annoncés font partie des jusqu’à 2300 postes supprimés annoncé le 6 janvier.

Cholet fabrique des pneus tourisme, camionnette et 4×4. Peu de précisions ont été apportées localement sur les suppressions de postes. Les projets de gains en cours se poursuivent sur la qualité, la vérification… Les objectifs de baisse du coût façon sont très ambitieux. L’inquiétude des salariés concernant l’avenir du site est forte pour 2024, d’autant plus que Cholet vient de subir 74 suppressions de postes suite à la fermeture de La Roche / Yon.

L’usine chimique de Bassens demeure dynamique et poursuivra son plan de recrutement. L’impact principal du projet sera d’intégrer cette structure, actuellement filiale, dans la Manufacture Française des Pneumatiques Michelin. La CFE-CGC veillera à ce que ce projet soit bien une simplification, engendrant alors des économies et non pas l’économie seule. Les mesures d’âge ne pourraient être appliquées à Bassens qu’après l’intégration à la MFPM.

Paris Boulogne est un site tertiaire, la production cartographique quittant le groupe au 1er février via une Joint-Venture avec Media Participations. Les salariés de MTP restant seront réintégrés à la MFPM.  Nos collègues expriment beaucoup de lassitude, les restructurations se succédant depuis 20 ans sur cette activité. Le nombre de postes supprimés localement n’est pas encore annoncé.

Le site de Troyes produit des pneus agricoles et la CFE-CGC a déjà évoqué ses inquiétudes pour l’atelier mélanges. La démarche compétitivité accélère sur le site, avec une demande forte de flexibilité des calendriers, des projets de productivité avec de l’automatisation et l’amélioration de l’ergonomie, de l’atelier mélange à la logistique. Pour les baisses d’effectif, le levier des mesures d’âge sera activé, complété par des mobilités externes accompagnées.

Pour l’usine de Montceau, aucune annonce concrète n’a été faite au niveau site. Les demandes de volumes sont en hausse. Leur atteinte sera difficile à tenir avec l’effectif actuel et génère de l’inquiétude. Des démarches compétitivité sont en cours avec le projet Station de Gommage (- 15 ETP), de la flexibilité et des réflexions sur la fabrication. La direction demande d’accélérer les progrès, ce qui, pour la CFE-CGC, signifie une pression sur les effectifs de ce site.

A Tours, la rénovation de l’atelier calandre ZP est en cours et maintenu. L’atelier Flaps fermera (moins 7 postes). Les démarches compétitivité seront axées sur la réactivité, la sécurité et les coûts façons. La CFE-CGC estime que les mesures d’âge devraient être activées, sachant qu’environ 40 personnes ont plus de 56 ans.

A Roanne, les investissements sur l’atelier C3M (pneus haut de gamme) sont confirmés. La performance est challengée sur l’atelier moyens individuels mais la pleine capacité sera conservée à court terme. Selon notre analyse, le site semble engagé vers du « tout C3M » à moyen terme.

Pour Clermont Ferrand, les annonces nous laissent dans le flou sur tout ou presque. Aux Gravanches, usine C3M orientée sur le haut de gamme, la perspective reste à la croissance, la charge de production est à 100% pour l’année, le site poursuivra son plan de recrutement et d’investissements. Ces éléments nous amènent beaucoup d’inquiétude pour les autres activités industrielles demeurant sur Clermont Ferrand, en particulier l’atelier Compétition à Cataroux.

La CFE-CGC s’inquiète du plan de réduction d’effectifs à Clermont Ferrand, les activités tertiaires étant majoritairement au siège. Les 970 départs en mesure d’âge ont eu des conséquences sur la charge de travail de tous. A peine les derniers départs réalisés, on engage le plan suivant, tout en nous indiquant qu’il est trop tôt pour dire dans quels services se feront les coupes. L’argument de la simplification qui va tout résoudre nous avait déjà été servi avec la réorganisation précédente. Si c’est bien la simplification qui permet « jusqu’à 1100 suppressions de postes », comment la direction a-t-elle abouti à ce chiffrage précis alors qu’il serait trop tôt pour nous indiquer où et de quelle manière ?

Nous sommes inquiets pour l’atelier compétition de Cataroux et pour les sites des Carmes et de Ladoux. Les récents investissements ne sont pas toujours un gage de longévité, nous l’avons déjà constaté sur d’autres sites.

EN SYNTHESE

L’analyse des annonces faites localement montre que les usines plutôt épargnées ont reçu de l’information sur leur perspective à 3 ans. Et si certains sites sont épargnés, d’autres devront compenser pour atteindre les objectifs de suppression de postes fixés par le groupe.

Les représentants du personnel seront en CSEC du 19 au 22 janvier pour aborder les leviers de ce plan : la CFE-CGC questionnera l’entreprise sur le « où et comment » des suppressions de postes et les challenger pour défendre les conditions de travail des salariés, qu’ils choisissent de quitter le groupe ou d’y poursuivre leur carrière.

La section syndicale, le 8 janvier 2020. 

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