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SPOT : dessous des cartes pour les curieux

Il est des détails qui ont beaucoup de significations mais qui n'intéressent pas tous les salariés, nous vous donnons quelques analyses qui peuvent aider à vous faire une idée sur ce qui se passe.   

 

Nous pouvons prouver toutes nos affirmations

 

 

SUD ne signe pas l'avenant et reagit contre le procédé de l'entreprise sur le renoncement individuel a l'augmentation

SUD avait la possibilité de soutenir l'avenant et la suppression des augmentations. Défendant des positions plutôt écoutées par les agents et moins par les cadres, elle aurait pu, si elle avait été convaincue par les arguments de l’entreprise, signer l’accord et l’avenant renforçant la position de l’entreprise et de la CFDT. SUD a clairement refusé.

Après la lettre de l’entreprise annonçant la possibilité de renoncer individuellement à son augmentation, le 21 avril, SUD a publié une lettre ouverte à M. Menegaux, présentant ses propres revendications et refusant d’opposer les catégories professionnelles.

Renoncement individuel à l’augmentation : la CFDT REVOLUTIONNE le syndicalisme

Après la signature CFDT de l'avenant le 14 avril et la note à tous les salariés prenant à partie la CFE-CGC, l’entreprise a augmenté la pression en prévenant la CFE-CGC qu’elle proposerait, pour contourner l’accord, à chaque salarié de renoncer volontairement à son augmentation. L’entreprise devait être persuadée d’un mouvement de solidarité sans faille de certains salariés. La CFE-CGC a prévenu l’entreprise que cette démarche serait très mal vécue et que le respect du droit, donc du désaccord étaient nécessaires pour tout dialogue, individuel comme collectif.

 

Le 17/04, le compte-fonction de la CFDT diffusait un texte dont l’introduction expose : « nous sommes conscients qu’une grande majorité des salariés regrette que cet accord n’ait pas pu être mis en place. Nous demandons donc à l’entreprise d’étudier toutes les possibilités pour permettre aux salariés qui le désirent de faire preuve de solidarité individuelle vis-à-vis de nos collègues. ». Cette diffusion a eu lieu 3 jours avant la note de l’entreprise. Le soutien à la démarche de l’entreprise est clair.

 

Est-ce matériellement crédible ?  Comment la CFDT, qui représente moins de 20% des salariés,  peut-elle « avoir conscience qu’elle est soutenue par une grande majorité des salariés »? Peut-être la CFDT a-t-elle reçu beaucoup de témoignages de soutiens, mais une grande majorité, sur Clermont, cela représente déjà au moins 5000 personnes. Difficile d’imaginer que 5000 personnes se sont précipitées sur leurs boites mail et téléphones, pour dire à la CFDT ou l’entreprise : nous voulons donner notre augmentation. La CFE-CGC a reçu aussi beaucoup de témoignages de soutien, chacun à son représentant de proximité, élu CSE ce qui rend très difficile de faire un compte… chacun voit sa partie de l’opinion. Affirmer « une grande majorité » est compliqué sans referendum, or le referendum n’est possible qu’à partir de 30% de représentativité des syndicats signataires de l’avenant… Par ailleurs, (cf encadré 1 ci-dessus) une leader CFDT évoque sur Yammer cette majorité mais aussi la difficulté de signer l’avenant et les débats au sein de la section CFDT. Si une grande majorité des salariés est pour, le même taux devrait être présent à la CFDT, et les débats très courts. Cela semple paradoxal.

Une grande innovation syndicale : la CFDT innove d’un point de vue syndical puisqu’elle appelle l’entreprise a se transformer en association caritative. Il s’agit bien d’un appel à la mise en place du système de l’entreprise, pour que les salariés « rendent » leurs augmentations, dans un état d’esprit solidaire du point de vue du donateur, mais sans aucune garantie d’utilisation ni de compensation future du receveur. Les syndicats d’habitude demandent des augmentations pour les salariés aux entreprises, pas le contraire. Même le Medef, quand il appelle les salariés à soutenir les entreprises, le fait sous le couvert de plans d’actionnariat salarié.

Le 22 avril, machine arrière toute , la CFDT se déclare défavorable au système de choix individuel mis en place par l’entreprise, car il met les salariés sous pression – il était temps d’y penser, après l’avoir réclamé (cf encadré 2).

Ces éléments amènent à méditer la citation « Ne juge pas autrui à l'aune de tes valeurs, mais estime le selon sa cohérence par rapport à celles qu'il professe », et à s’interroger sur les valeurs de la CFDT.

Service étude concurrence CFE-CGC, le 25 avril 2020

signature de l'avenant :  changement d'avis abrupt de la CFDT

Le 8 avril, la CFDT poste sur son site un tract déclarant que la proposition d’avenant à l’accord salarial 2020 était inacceptable demandant des informations, le maintien de l’augmentation de tous les collaborateurs et un calendrier d’augmentation des cadres. Aucun des engagements demandés n’a été obtenu.

 

Le 14 avril, la CFDT signait l’avenant dont la seule modification était le décalage de la date de rattrapage du ROS de 2021 à 2023. La CFDT argumente :

  • Garantie sur les bas salaires – réalité : c’était déjà dans l’accord, l’avenant détruit celle des collaborateurs (> P) et des cadres.
  • Pour une garantie d’une politique salariale dans les prochaines années. Réalité :Il n’y a aucune garantie supplémentaire, les négociations sont garanties par la loi. Refuser une politique salariale 2020 sûre pour une politique salariale hypothétique 2021, c’est étonnant.
  • La variable 2020 est garantie. Réalité : Pourtant la variable est garantie par les contrats de travail. En 2009, l’entreprise souhaitait l’annuler mais n’a pas pu pour des raisons légales.
  • L’ampleur de la crise. Un changement  : L’argumentaire du 8 avril sur le versement de 50% des dividendes, rendant l’accord inacceptable a disparu. Il est toujours possible que la perception de la crise de la CFDT ait changée.    
  • Un point exact, l’avenant a une clause de retour à bonne fortune mais que la CFE-CGC juge trop risquée vue la crise et d’autant plus que l’entreprise a refusé une étape intermédiaire de sécurité, ce qui ne plaide pas pour sa volonté d’appliquer ce point.

La CFDT est libre de ses choix mais l’argumentaire est quelque peu imprécis.

 

Service étude concurrence CFE-CGC, le 25 avril 2020

 

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