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Salaires : une négociation qui n’en n’a que l’air

mercredi 20 janvier 2010, par Emmanuel Pasquier


Le 15 décembre dernier, l’entreprise et les syndicats se retrouvaient pour « négocier » les salaires 2010.

Information ou négociation ?

Si ce sujet fait l’objet d’une obligation légale (la loi impose aux entreprise d’ouvrir tous les ans des négociations obligatoires), chez Michelin les réunions relèvent d’une information sur les salaires mais ne sont en rien une négociation.

Et ce pour une raison simple : le processus de cadrage budgétaire (Plan Annuel) prend fin début novembre de l’année en cours pour le budget de l’année suivante. Donc nous « négocions » en décembre sur un budget d’augmentation arrêté. Le seul but de cette réunion est de chercher la limite haute de l’enveloppe. En sachant que les arguments des représentants du personnel n’ont aucun poids pour remettre cette limite en cause.

Pour sortir de cette situation, nous avons proposé deux solutions :

  • Se remettre dans la configuration d’une véritable négociation en positionnant la réunion Salaires en septembre en pleine phase de constitution du plan annuel,
  • Rebaptiser la réunion de décembre « Information de la politique salariale de l’entreprise » en demandant à l’entreprise de s’engager à donner aux organisations syndicales les propositions d’augmentations avec et sans accord.

Pour 2010, l’entreprise nous a informé des propositions avec et sans accord. Une réponse implicite à nos propositions.

Nos revendications

  • Une revalorisation à la mesure des efforts de productivité consentis dans le cadre Horizon 2010 avec des augmentations générales pour toutes les catégories de personnel,
  • Pour les Collaborateurs et Cadres, des augmentations à 50% de part générale et 50% de part individuelle. A l’heure où l’entreprise appelle à une meilleure coopération, il est important que les efforts collectifs soient récompensés collectivement.
  • Pour les Cadres, en plus des augmentations 2010, un rattrapage de salaires compensant les 2,8% d’augmentation des salaires cadre sur la France en 2009 qui n’ont pas été versés pour cause d’augmentation nulle.
  • Pour les Collaborateurs 4 et 5, en plus des augmentations 2010, un rattrapage de salaires compensant le décalage des versements de juin à octobre opéré en 2009.
  • Un effort particulier pour les bas salaires qui ne sont pas dignes d’une multinationale comme la nôtre.
  • L’attribution aux Agents de Maîtrise travaillant en îlots des primes liées à cette organisation.

Les propositions de l’entreprise

Augmentation Générale (AG) Augmentation Individuelle (AI) Prime d’ancienneté Gestion en cours d’année
Agents 1,2% 0,8% 0,4% Intégrée à l’AI
Collaborateurs 0% 2,3% Intégrée à l’AI 0,2%
Cadres 0% 3,4% 0% 0,2%

L’entreprise mettra en place un système de rattapage garantissant :

  • pour les colaborateurs de coefficient inférieur ou égal à 31 : une augmentation générale de 1,2% comme les agents,
  • pour les autres collaborateurs et les cadres : une augmentation de 3% la 4ème année pour les personnes qui n’auraient pas eu d’augmentation durant 3 ans.

La CFE-CGC sera signataire de cette proposition.


Des questions. Des réponses.

Coopération versus Individualisation

CFE-CGC : Michelin souhaite promouvoir la coopération entre les activités afin de d’améliorer la performance de l’entreprise. Mais la rémunération aux seuls objectifs amène à des logiques de mercenariat où chacun donne en fonction de ce qu’il pourra recevoir. La coopération est donc réduite au strict nécessaire. Il faut que Michelin se pose la question d’une rémunération collective qui valorise la coopération et les efforts collectifs.

Entreprise : l’entreprise ne souhaite pas remettre en cause le principe de l’individualisation de la reconnaissance.

Taxe professionnelle

CFE-CGC : La taxe professionnelle va être supprimée. Quel gain pour Michelin ?

Entreprise : L’entreprise n’a pas répondu à cette question. Nous savons par des notes du service SGF que la plus-value est évaluée à 15 millions d’euros.

Stocks Options

CFE-CGC : Un plan de 3 millions de stocks options a été levé lors de la dernière AG des actionnaires. Comment a-t-il été distribué ?

Entreprise : 2500 à 3000 salariés en ont reçu par rapport aux 120 000 salariés du Groupe. L’attribution repose sur la performance jugée par le hiérarchique. Tous les statuts sont concernés. Les agents représentent 1%.