mardi 5 octobre 2010, par Noël Morel
Après le suicide d’Angel Arevalo en juin 2009, le CHSCT « Ladoux 1 » a réalisé une enquête accident. Un an plus tard, cette enquête est maintenant terminée. Celle-ci s’appuie sur un rapport d’expertise menée par le cabinet Secafi, lequel a pu rencontrer un certain nombre de personnes au sein de l’entreprise : la hiérarchie, le service du personnel, le service médical et des collègues de la victime.
L’analyse met en évidence une charge mentale élevée dans un contexte de projet complexe. L’adaptation aux exigences de la fonction a été incomplète et la situation d’isolement en tant qu’expatrié dans son propre pays ainsi que des craintes exprimées, sont les indicateurs de mal être qui ont été perçus.
Enfin, d’une manière générale, cette expertise a montré qu’il n’y a rien de pire que l’isolement et le doute qui peut l’accompagner.
Les préconisations du CHSCT
L’entreprise a connaissance du rapport d’expertise et des conclusions de l’enquête.
Elle seule a le pouvoir de prendre en compte les préconisations exprimées.
Certains points pourront être traités dans le cadre de l’application de l’accord sur les RPS.
D’autres points, tel que le processus « transverse » de relation entre l’employé, son hiérarchique et son responsable du personnel, ne sont malheureusement pas retenus explicitement dans le cadre de cet accord et nous l’avons regretté. Cependant rien n’empêche l’entreprise de traiter ce sujet et nous l’invitons à le faire.
Et demain …
Ce que nous allons faire :
Ce que vous pouvez faire :
Si vous êtes vous-même ou si vous voyez un de vos collègues en difficulté, n’hésitez pas à en parler à toute personne que vous estimerez de confiance.
Morale
Nous avons vu l’entreprise très réticente à la venue d’un expert suite à ce drame. La coopération n’a pas été exemplaire, loin s’en faut.
Finalement l’expertise met à jour des dysfonctionnements que les méthodes internes préconisées par l’entreprise auraient bien du mal à percevoir ou à exprimer.
Dans bien des situations humaines dramatiques, la vision d’une tierce personne formée pour les affronter, expérimentée, apte à une position dépassionnée et indépendante est la bienvenue. Ne pas y faire appel relève d’une position de déni de la réalité préjudiciable à tous dans le long terme.
Cet appel à l’expertise qui finalement débouche sur des propositions pertinentes, n’a pas causé de révolution ou de cataclysme. Pas plus que l’appel à un médecin n’aggrave en général la maladie. L’entreprise reste maîtresse chez elle. Y avait-il donc besoin de créer tant de tension entre le CHSCT et l’entreprise. A posteriori non.
Espérons que l’entreprise tirera profit de cette expérience et prendra conscience qu’une demande d’expertise n’est pas une trahison, un échec dans la relation avec les Organisations Syndicales mais parfois une nécessité pour progresser quand les problèmes rencontrés dépassent les compétences des acteurs de l’entreprise.