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Restructurations en France : quel bilan ?

vendredi 25 janvier 2008, par Jean-Benoît Guilliot


Ces dernières années ont été marquées par plusieurs opérations de restructuration en France tant par fermeture totale voire partielle d’usine que par revente ou externalisation d’activité. Il n’est pas aisé en tant que représentant du personnel de disposer des éléments permettant d’en faire un bilan complet. Mais nous nous y risquons tout de même.

Deux opérations majeures nous laissent toujours un goût amer :

  • L’arrêt de la production de pneus Poids-Lourds à Poitiers s’est mal passé d’un point de vue social et industriel ; la difficulté à absorber le choc pour Tours a été sous-estimée et au regard de nos ventes actuelles, nous pouvons nous interroger sur la pertinence de l’opération
  • L’externalisation de l’informatique (hardware) chez IBM reste, malgré le retour financier avancé, un accroc dans nos pratiques de gestion du personnel et une difficulté récurrente pour nos propres services informatiques et les utilisateurs.

Mais, finalement, que penser de ces autres opérations, la liste n’étant pas exhaustive :

  • Après celui de Wolber, l’arrêt de la production Vélo à la Combaude était inéluctable et le temps a été pris pour le gérer sereinement
  • La cession de l’activité Roues à Mefro avait soulevé nos inquiétudes, à ce jour, c’est un succès
  • La cession de l’activité Antivibratoires à Decize (joint-venture Woco) a reçu un accueil positif d’une partie des élus impliqués
  • L’arrêt de la production Camionnette à Bourges permet un transfert vers Cholet qui s’en trouve consolidé et un développement de l’activité Avion à Bourges. De notables progrès ont été fait dans l’accompagnement de la diminution des effectifs même si tout n’est pas parfait
  • L’arrêt de la production Moto à SODG permet un transfert vers Lasarte (Espagne) qui s’en trouvera également consolidé.

Dans ce contexte, la fermeture de l’usine de Toul, conséquence d’une impasse technologique, apparaît comme un rendez-vous à ne pas manquer. Elle doit être exemplaire par son accompagnement. Les messages donnés vont dans ce sens, les actions devront suivre concrètement, chacun devant prendre ses responsabilités.

S’annoncent également les conséquences sociales des choix de partenaires dans la comptabilité et l’informatique (software). Nous savons déjà qu’il n’y aura pas d’externalisation juridique de personnel, la leçon semble tirée.

Nous demandons également un accompagnement des salariés concernés par une mutation voire par un changement de métier.

Nous tirons plusieurs autres enseignements de ces opérations  :

  • L’usine de Bourges semblait condamnée, elle est toujours là, l’histoire d’une usine n’est pas écrite cinq ans à l’avance, une décision de restructuration doit être annoncée 18 à 24 mois à l’avance
  • Le Groupe a compris que de petites usines pouvaient avoir leur intérêt dans les Lignes Produit de Spécialités
  • Une restructuration peut bien se passer, c’est une question de temps, de préparation, de transparence, de moyens et de volonté de tous les acteurs.

Il nous semble maintenant que l’essentiel des restructurations industrielles est passé en France au moins sur les 3 prochaines années. L’Entreprise annonce d’ailleurs sa volonté d’y faire progresser la production en tonnage. Si ce n’est pas le cas, qu’elle le dise, sans fausses menaces mais en expliquant clairement les enjeux.