vendredi 16 janvier 2009, par Dominique Bourgois
Fin 2007, Michelin réalise une des meilleures marges opérationnelles du secteur. Pourtant, elle ne redistribue pas la richesse créée à ses salariés MFPM : pas de participation, un intéressement étal par rapport à l’année précédente et des budgets moyens d’augmentation de salaires à peine en phase avec l’inflation pour les collaborateurs et les agents, soit 85% des effectifs.
Fin 2008, sous couvert de crise sectorielle, les salariés seront mis au régime sec : toujours pas de participation, un intéressement en fort recul et des augmentations salariales moyennes significativement inférieures à l’an passé….
| Budget d’augmentation moyen 2008* | Budget d’augmentation moyen 2009 | Evolution | |
| Agents | 3,2% | 2,9% | - 0,3 pt |
| Collaborateurs | 3,4% | 2,9% | - 0,5 pt |
| Cadres | 3,9% | 2,9% | - 1,0 pt |
* : chiffres communiqués par la Direction
Si on peut saluer un % d’augmentation identique entre catégories et la volonté de revaloriser les bas salaires via le niveau de l’augmentation générale des agents (2%), on s’offusquera en revanche de la triple peine infligée aux collaborateurs et cadres : absence totale d’augmentation générale, net recul des budgets d’augmentation et, dernière « avancée » sociale, versement des augmentations pour ces catégories (collab 4 et 5 & cadres) en … septembre. L’Entreprise s’est montrée si inflexible dans les discussions, y compris sur ce dernier point, que nous avons fini par quitter cette réunion puisqu’il n’y avait décidément rien à négocier.
« Notre force principale, c’est l’attachement de chacun à l’Entreprise mais aussi notre capacité dans les coups durs à nous mobiliser, à nous dépasser et vous le démontrez une fois de plus » (vœux des gérants 2009) .
Force est de constater que cet engagement, reconnu, ne paie pas. L’addition est même particulièrement salée pour les catégories collaborateurs et cadres, toujours plus sollicités (cf enquête stress). Avec 7% de marge opérationnelle et un recul de la masse salariale de plus de 50 M€ en 4 ans, l’Entreprise avait les moyens d’une politique moins restrictive, surtout à l’heure où elle déclare vouloir améliorer son attractivité. Elle n’en prend clairement pas le chemin, comme nous le lui avons rappelé. L’enquête de la Cegos auprès de 162 entreprises, pourtant moins profitables que Michelin, faisait par exemple ressortir un budget d’augmentation moyen de 3,7% pour les cadres en 2009. Le cas d’un responsable d’îlots en UP a également été cité : moins de 1900 € net/mois pour encadrer 45 personnes en 3X8…
Dans le cadre de cette « modération », nous demandons à l’entreprise des contreparties qui vont dans le sens de la solidarité à tous niveaux :