lundi 22 juin 2009, par Emmanuel Pasquier
Les Faits
En six ans, les frais de personnel ont baissé de 546 M€, du fait du départ non remplacé de 17 870 salariés. Une nouvelle saignée de 1 093 personnes en 2010 est annoncée aujourd’hui auquel il faut ajouter pour les 2 prochaines années au moins 2 fois ce nombre pour les années suivantes via le Plan de Volontariat France.
Malgré d’excellents résultats nets ces cinq dernières années (ex : 889 M€ en 2005 et 773 M€ en 2007), la richesse créée n’a pas été redistribuée aux salariés :
En revanche, en période de crise, les salariés sont bien les premières victimes :
Les salariés deviennent la première variable d’ajustement.

Dans le même temps, le pourcentage du résultat net distribué aux actionnaires a doublé pour atteindre 41%. Au plus fort de la crise, et alors que 12 000 salariés chôment en France, 145 M€ sont distribués aux actionnaires, dont 85% sont des « institutionnels », ceux-là mêmes qui portent une large responsabilité dans la crise actuelle ! Au total, en six ans, 1,090 Milliard € de dividendes ont été versés aux actionnaires, soit le double des économies réalisées sur le personnel.
La logique – quelle logique ?
La logique : « pile, les actionnaires gagnent, face, les salariés perdent » semble être devenue la règle. Quand les résultats sont bons, les actionnaires empochent les bénéfices et quand la crise touche l’entreprise, les salariés sont en première ligne. Cette logique n’est pas la seule possible. Nous voyons ainsi des entreprises, durement touchées par la crise comme Peugeot, qui ont choisi de ne pas verser de dividendes.
Toujours des mauvaises nouvelles, jamais des bonnes… Demain seront invoqués l’incontrôlable augmentation du prix des matières premières, alimentée par les spéculateurs ou la déloyale concurrence chinoise pour demander l’impensable : remise en cause de l’accord 35h ? baisse des salaires ? licenciements ?…
Notre logique : l’homme au cœur de l’entreprise
La logique doit pourtant fonctionner dans les deux sens : solidarité et partage en période de crise, comme en temps de prospérité, et nous saurons faire des propositions quand ce sera opportun.
La vraie richesse de notre entreprise, ce sont les hommes et les femmes qui la composent et l’animent. L’entreprise doit reconnaître cette richesse et la rétribuer à sa juste valeur. C’est notre rôle de syndicat de dialogue que de rappeler ces réalités à l’entreprise, vous soutenir, relayer vos préoccupations et vous aider au mieux à décoder la stratégie et la communication de l’entreprise.