vendredi 27 mai 2011, par Denis Paccard
Michelin clôture une année 2010 comme une référence au niveau économique. Et pourtant, encore une fois, les salariés français ne toucheront pas de participation : les sociétés françaises du groupe ne dégagent pas suffisamment de bénéfice. C’est le résultat d’une politique d’optimisation fiscale efficace qui conduit à calculer les coûts de cession de ces sociétés au plus juste pour payer des impôts ailleurs qu’en France, à moindre coût.
Nous avions demandé que l’entreprise corrige les effets pervers de cette politique pour les salariés français en mettant en place un intéressement exceptionnel : elle a refusé. Par contre, nous avons obtenu la mise en place d’une participation dérogatoire, qui devrait apporter ses premiers fruits en 2012, sur la base des résultats économiques de 2011.
Nous en parlons au conditionnel car il reste un écueil à franchir : la loi française interdit de distribuer au titre de la participation plus de 50% des bénéfices … encore faut-il qu’il y ait bénéfice !
Nous demandons que l’entreprise communique sur les actions qu’elle engage pour estimer correctement les bénéfices des activités des sociétés françaises du groupe.
Pourra-t-elle expliquer en 2012 qu’elle ne sert pas de participation parce que les activités industrielles en France ne génèrent pas de bénéfice ? Parce que les activités de recherche et développement ne créent pas de valeur ajoutée ? Parce que l’action de coordination stratégique des services groupe est insuffisante pour compenser leur charge salariale ?
Les masques doivent tomber : les usines françaises produisent de la richesse et leurs salariés attendent une redistribution de cette richesse. Les équipes clermontoises travaillent, pour la plupart, au service du groupe et doivent recevoir le fruit des bénéfices qu’elles génèrent au niveau du groupe.
Sauf retournement du contexte économique, il est inimaginable que l’entreprise ne verse pas de participation en 2012.
Raccourci ?
Participation zéro pour les salariés, augmentation de 78% du dividende versé aux actionnaires, le patron le mieux payé du CAC 40.
3 faits en raccourci sur lesquels nous invitons chaque salarié et notre patron à méditer.
Nous ne sommes pas opposés à ce que notre patron touche sa part du bénéfice de la réussite économique de l’année 2011.
Nous aurions préféré qu’il mesure a priori le profond sentiment d’injustice ressenti aujourd’hui par les salariés, et qu’il décide des mesures exceptionnelles pour rééquilibrer la distribution des bénéfices. Il est encore temps !