lundi 22 juin 2009, par Emmanuel Pasquier
D’ici à fin 2012 Michelin supprimera environ 2950 postes (de 2350 à 3550 estimés) via des restructurations sur les sites de Tours et de Montceau, la fermeture du site SODEMECA de Lille, et un plan de volontariat France qui touchera tous les sites de la MFPM. Nous estimons que le Plan de Volontariat France concernera environ 2250 personnes (en fait de 1650 à 2850) en dehors des 3 sites de Montceau, Tours et Lille.
Restructuration du site de Tours (340 postes)
L’activité Mélanges (Z) sera arrêtée courant 2009. Pour autant, toutes les activités (Poids Lourd, Calandre et services supports) seront concernées par les réductions d’effectif. Sur les 1250 salariés actuels, le site supprimera 340 postes en utilisant 2 mesures : des temps partiels de fin de carrière et un plan de volontariat.
Mesures d’âge : 261 personnes partiraient en mesures d’âge avec un temps partiel. Les salarié(e)s concerné(e)s sont ceux nés en 1953 et avant.
Plan de volontariat : 79 personnes seraient concernées. Le plan sera ouvert jusqu’en février 2010. A partir des chiffres de Toul, nous pensons que 15% à 20 % des salariés concernés l’accepteront. Pour les autres l’entreprise engagera alors des licenciements via un plan social.
Restructuration du site de Montceau (477 postes)
L’activité Tourisme/Camionnette sera arrêtée mi 2010. Le site se recentre sur la production Génie Civil avec un plan d’investissement. Sur les 1383 salariés actuels, le site supprimera 477 postes en utilisant les mêmes mesures qu’à Tours.
Mesures d’âge : 223 personnes partiraient par mesures d’âge dans les même conditions qu’à Tours à la différence près que l’année de naissance est portée à 1954 et avant.
Plan de volontariat : 254 personnes seraient concernées. Nous pensons que 15% à 20% des salariés concernés, soit moins de 50 personnes accepteront le plan, ouvert jusqu’en février 2010. _ L’entreprise engagera alors des licenciements via un plan social.
Fermeture du site SODEMECA près de Lille (276 postes)
Cette usine produit des pneus selon le procédé C3M. Les machines et la production seront transférées vers la société SODG à Clermont-Ferrand. Le site comprend actuellement 276 salariés. Une proposition de mobilité vers SODG sera offerte à tous les salariés de SODEMECA, et nous pensons que 10 % à 15% des effectifs l’accepteront. Nous allons de toute évidence vers un plan social et des licenciements.
Plan de volontariat France (2250 départs)
Les 3 restructurations annoncées ne permettent pas à elles seules d’atteindre la cible des 2950 suppressions de poste, sachant que dans le même temps, le rythme d’embauche sera de 600 à 900 personnes par an, pour un turn-over d’environ 300 personnes par an.
Michelin lance donc un vaste plan de volontariat qui concernera tous les sites MFPM.
La suppression des 2950 postes d’ici 2012 (de 2350 à 3550 estimés) sur le Groupe France se décompose comme suit :
| mesures d’âge sur Montceau +Tours +Lille | - 500 pers. |
| plan social (licenciements) estimé sur Montceau + Tours + Lille | - 500 pers. |
| départs en cours sur Bourges (Bib Seniors) et Toul (fin en 2011) | - 700 pers. |
| turn-over naturel sur 3 ans à raison de 300 personnes par an | - 1000 pers. |
| embauches annoncées sur 3 ans estimées | + 2000 pers. |
| plan de Volontariat France en dehors des sites Tours + Montceau + Lille | - 2250 pers. |
Les mesures d’âges suffiront-elles pour absorber le plan de volontariat ? Non car, pour les classes d’âges concernées, 57 ans et au-delà, les pyramides des âges montrent que seulement 1300 personnes sont éligibles (650 personnes pour les agents, 850 personnes dans les techniciens et 300 pour les cadres, soit 1800 personnes, mais il faut ôter les 500 départs pour mesures d’âge de Montceau + Tours + Lille).
950 personnes devront donc se porter volontaires pour quitter l’entreprise d’ici 2012.
Doit-on s’attendre à des pressions pour ces départs volontaires ? Comment renforcer les mesures pour la mobilité externe ? Ne serait-il pas plus simple d’étendre les périodes de référence des mesures d’âge ?
Nous poserons ces questions lors du Comité Central d’Entreprise du 24 juin.