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Et le plan de volontariat France …

lundi 16 novembre 2009, par Emmanuel Pasquier


Le plan de volontariat a été lancé en juin dernier en parallèle de la restructuration des sites de Montceau, de Tours et de Seclin. L’idée de ce plan est que les départs volontaires sur la France permettent d’accueillir les salariés qui perdent leur emploi sur les sites restructurés. Les seniors s’y retrouvent avec des départs anticipés très attendus, indicateur de la fatigue des équipes et de l’absence de gestion des fins de carrière, et l’entreprise s’y retrouve car les départs sont sûrs et donc les gains de productivité assurés.

Les revendications des organisations syndicales

  • Que les cadres puissent profiter du temps partiel de fin de carrière car cette population est soumise à une charge mentale qui entraîne une fatigue reconnue pour les autres statuts.
    Réponse de l’entreprise : Non car les difficultés à recruter pour le statut cadre ne permettent pas de laisser les seniors partir plus tôt.
  • Que les seniors qui sont passés cadre à l’automne puissent bénéficier du temps partiel en considérant que leur statut à l’annonce du plan était collaborateur.
    Réponse de l’entreprise : Non car les salarié(e)s qui passent cadre se sont engagé(e)s.
  • Que l’entreprise participe au rachat des trimestres pour ceux qui voudraient profiter du plan mais à qui il manquerait des trimestres pour en bénéficier.
    Réponse de l’entreprise : Non mais possibilité de débloquer par avance jusqu’à 75% de l’indemnité de fin de carrière pour racheter des trimestres.
  • Que le temps partiel soit mis en en place dès la fin de période d’adhésion et non pas différé jusqu’au 1er mai 2010.
    Réponse de l’entreprise : Non car le traitement des dossiers impose ce délai.
  • Que l’entreprise s’engage à sécuriser les conditions de départs si la législation sur les retraites venait à évoluer.
    Réponse de l’entreprise : Non car Michelin ne veut pas donner l’habitude aux salarié(e)s de supporter les risques à leur place.
  • Que le PVF soit proposé à toutes les sociétés du Groupe France et non pas seulement la MFPM, SEAM, et SODG.
    Réponse de l’entreprise : Non sauf pour Kléber Troyes (intégrée prochainement dans le giron de la MFPM).

Une négociation qui n’en a que l’air

L’entreprise n’a pas souhaité aller au-delà des mesures proposées en juin. Elle pense que l’intérêt des seniors pour ce plan ne fait pas de doute en se basant sur le taux d’adhésion des Pré Retraites Progressives lancées en 2004. Mais le risque est fort que les conditions de départ en retraite évoluent (cf. article page 4). Et les salarié(e)s en sont conscient(e)s.
Nous considérons que l’entreprise, en ne sécurisant pas ces risques, ne s’est pas donné les moyens de ses ambitions. Et ce d’autant que le coût de cette sécurisation aurait été amoindri par les gains que Michelin réalisera sur les indemnités de fin de carrière communiqués à hauteur de 15 millions d’euros [1].

Les risques psychosociaux en sus…

Lors des discussions du PVF au sein du Comité Central d’Entreprise (CCE), les élus ont demandé à Michelin de leur expliquer comment demain les salarié(e)s qui resteront feront le même travail avec moins de personnes.
Une première piste est d’externaliser des tâches administratives sur des centres de services. Mais l’exemple récent du Projet Data Processing (comptabilité fournisseurs) montre que ce n’est pas obligatoirement une source d’apaisement pour les équipes …
La deuxième piste est de se doter d’un outil d’identification des postes sensibles. Mais le projet ne nous a pas encore été présenté et nous ne pouvons pas vous en dire plus.
Devant des réponses encore évasives, nous ne sommes pas rassurés sur le risque de voir s’accroître demain la charge de travail de chacune et chacun d’entre nous.

Notes

[1] Le plan de volontariat France (PVF) est intégré à un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE).

La législation sur les PSE permet de considérer les indemnités versées au titre du plan comme des indemnités de licenciement qui ne sont pas chargées et pas fiscalisées, ni pour le salarié ni pour l’entreprise. Ce qui est le cas des Indemnités de Fin de Carrières (IFC) des seniors qui partiront en retraite dans le cadre du plan. Le gain est substantiel pour les salarié(e)s qui toucheront une IFC nette de charge et d’impôt. Et il n’est pas négligeable pour l’entreprise qui, hors PSE, aurait payé des charges patronales sur l’IFC à hauteur de 40%. Les représentants de l’entreprise ont estimé ce gain à 15 millions d’euros.

De quoi être plus généreux.