lundi 16 novembre 2009, par Emmanuel Pasquier
Les organisations syndicales avaient pour but de ne pas revivre les négociations de la restructuration de Poitiers dont les salariés avaient payé les pots cassés. Il fallait éviter le jusqu’au boutisme de part et d’autre, mais aussi s’assurer que les intérêts des salariés soient pris en compte dans ce contexte de restructuration. Le travail intersyndical a permis de tenir ces deux objectifs.
Une volonté commune dès l’annonce du plan
Suite à l’annonce des restructurations courant juin, les organisations syndicales ont proposé à l’entreprise de négocier un accord de méthode pour sortir de la procédure légale. L’intersyndicale a amené les propositions concernant :
En juillet, quatre organisations majoritaires ont signé l’accord qui reprenait l’ensemble de ces points.
Des négociations sociales difficiles
Si la négociation « Accord de méthode » a été sereine, celle sur les mesures sociales a été difficile.
L’entreprise et l’intersyndicale ne partageaient pas les même priorités : pour l’entreprise, l’annonce d’un plan social sans licenciement imposait de débuter par la mobilité interne pour la rendre attractive ; pour l’intersyndicale, les licenciements ne faisant pas de doutes rapportés au expériences passées, la priorité a été donnée à la mobilité externe « contrainte » en laissant aux salariés licenciés du temps pour se reclasser et des indemnités à la hauteur du préjudice subi.
Finalement, devant la détermination de l’intersyndicale (à l’exception de la CFDT, voir colonne ci-contre), les négociations ont abouti à un projet d’accord équilibré entre les licenciements, les mesures d’âge et la mobilité interne. Aucune des populations n’a été oubliée.
Quels résultats ?
Cette expérience montre que le travail intersyndical a des vertus :
Au final les syndicats en sortent renforcés dans leur légitimité, l’entreprise plus sereine face au changement, et les salariés gagnants parce qu’écoutés et donc mieux représentés.