22 juin, par Emmanuel Pasquier
Michelin lance une vaste restructuration sur la France. Nous souhaitons vous faire partager notre réaction.
La confiance dans la parole donnée est indispensable
Mr Rollier affirmait le 1er avril dernier dans les colonnes de la Montagne, qu’il n’y aurait pas de plan social en France. Le 17 juin, Michelin annonce des restructurations sur les sites de Montceau et Tours et la fermeture de l’usine de SODEMECA près de Lille (cf. page 2, les détails du plan), en assurant qu’il n’y aurait pas de licenciement du fait des mesures d’âges et du volontariat.
Mais l’expérience prouve (Toul, Poitiers, …) qu’en cas de fermeture d’une usine ou d’une activité, seulement 10 à 20 % des salariés sont mobiles. Il y aura donc des licenciements et des plans sociaux sur les sites concernés. Michelin est le premier à le savoir.
Qu’advient-il de la confiance que les salariés ont dans les propos de nos dirigeants, confiance essentielle pour l’adhésion au projet de l’entreprise ?
L’objectif de ces restructurations
Michelin veut atteindre les gains de productivité du plan Horizon 2010. Ni plus, ni moins. Les salariés français seraient-ils plus un coût qu’une richesse ?
Ces gains de productivité renforceront notre compétitivité face à nos concurrents et permettront aussi de dégager des marges confortables. Les faits prouvent (cf. article page 4 sur les rémunérations) que la répartition de ces bénéfices est tout sauf égale entre des salariés qui y mettent toute leur énergie et des actionnaires qui y mettent tout leur argent.
Un plan social démographique ?
Dans un contexte légal où l’âge de départ recule et la possibilité de mise à la retraite d’office n’est plus, Michelin profite d’une forte proportion de plus de 55 ans pour accélérer les départs. Ces mesures vont satisfaire les plus anciens qui veulent partir. Il sont fatigués par un travail toujours plus intense quel que soit le statut, par des changements d’organisation incessants dont les finalités sont mal comprises, mais aussi par une absence de reconnaissance qui amène à une démotivation naturelle.
Plan de volontariat et contexte récessif
Si Michelin met des moyens importants pour que le volontariat soit couvert pour une large partie par les mesures d’âge, des départs sont tout de même attendus en mobilité externe. Dans ce contexte très récessif et destructeur d’emplois, cette solution est-elle viable ?
Que se passera-t-il si l’entreprise n’atteint pas les objectifs du plan de volontariat ?
Ceux qui restent : santé, stress, travail …
Demain, la production se fera avec des effectifs moins importants. _ Donc quand l’activité repartira, la même charge de travail sera répartie sur moins de personnes. Il y a donc fort à parier que les gains de productivité se feront au dépend de notre santé.
Emmanuel Pasquier
Délégué Syndical Central
1er juillet, par Emmanuel Pasquier
Lundi 29 juin
Les Organisations Syndicales se sont réunies en intersyndicale le matin pour faire les propositions suivantes :
Négocier l’accord de méthode au niveau MFPM+SODG+SEAM et non pas au niveau de chacun des sites, Tours et Montceau, Avoir un contenu de négo qui comprend : un calendrier dérogatoire à la procédure légale des moyens pour les IRP la définition du contenu des documents économiques pour les réunions de CCE
L’entreprise a accepté ces points en début de négociation. Elle a soulevé le problème de la participation de l’UNSA à ces négos (representativité site et pas entreprise). Les OS à (...)
24 juin, par Emmanuel Pasquier
L’entreprise et les élu(e)s ont mené le débat sur la partie économique de la restructuration.
Le CCE a fait valoir à l’entreprise la faiblesse des arguments sur plusieurs points :
Poids Lourd Tours : l’objectif affiché de 1 050 000 tonnes n’est pas tenable avec les 900 personnes qui resteront sur le site. Nous n’avons pas les éléments qui nous permettent de comprendre comment Michelin tiendra cet objectif. Mélanges et Génie Civil Montceau : nous n’avons pas les éléments qui permettent de justifier les gains de productivité attendus pour ces deux activités. Plan de Volontariat France : l’entreprise ne (...)
22 juin, par Emmanuel Pasquier
D’ici à fin 2012 Michelin supprimera environ 2950 postes (de 2350 à 3550 estimés) via des restructurations sur les sites de Tours et de Montceau, la fermeture du site SODEMECA de Lille, et un plan de volontariat France qui touchera tous les sites de la MFPM. Nous estimons que le Plan de Volontariat France concernera environ 2250 personnes (en fait de 1650 à 2850) en dehors des 3 sites de Montceau, Tours et Lille.
Restructuration du site de Tours (340 postes)
L’activité Mélanges (Z) sera arrêtée courant 2009. Pour autant, toutes les activités (Poids Lourd, Calandre et services supports) seront (...)
22 juin, par Chris Boyer
Au-delà du fond des décisions de l’entreprise, il y a également la forme. Nous ne comprenons pas les intentions exactes de nos dirigeants, et les contradictions entre les déclarations et les faits génèrent de nombreuses incompréhensions :
Le passage cadre que nous avons soutenu et qui n’est toujours pas effectif Les différentes déclarations écrites ou verbales sur les augmentations, 2,9%, 2,2%, 0%, en mai, en octobre, les parts variables 2008 en mai, annulées puis différées La déclaration « Il n’y a pas de plan social prévu aujourd’hui » au moment de verser des dividendes aux fonds de pensions et (...)
22 juin, par Emmanuel Pasquier
Les Faits
En six ans, les frais de personnel ont baissé de 546 M€, du fait du départ non remplacé de 17 870 salariés. Une nouvelle saignée de 1 093 personnes en 2010 est annoncée aujourd’hui auquel il faut ajouter pour les 2 prochaines années au moins 2 fois ce nombre pour les années suivantes via le Plan de Volontariat France.
Malgré d’excellents résultats nets ces cinq dernières années (ex : 889 M€ en 2005 et 773 M€ en 2007), la richesse créée n’a pas été redistribuée aux salariés :
absence de participation depuis 5 ans, intéressement « ad minima », peu d’efforts sur les salaires
En revanche, en période (...)
19 mai, par Emmanuel Pasquier
Les gérants de l’entreprise répètent à loisirs que les salariés sont la richesse de l’entreprise et que leur mobilisation est un atout majeur dans la crise. Mais leurs décisions quant à la répartition des bénéfices depuis plusieurs années porte un tout autre message.
Comment Michelin s’occupe des actionnaires
Les actionnaires sont à 85% des institutionnels (banques et fonds de pension). Ceux là même par lesquels la crise est arrivée.
Le 15 mai dernier, l’assemblée générale des actionnaires acceptait de verser un dividende de 1€ par action représentant 145 millions d’euros.
Pour ce faire Michelin s’est (...)
9 avril, par Emmanuel Pasquier
L’accord 35h signé en 2001 comprend un outil appelé CET collectif. Il permet à l’entreprise de travailler plus dans les périodes de forte charge. Avec comme corollaire de pouvoir travailler moins dans les périodes de crise. Et ce à salaire constant à la hausse comme à la baisse.
En septembre 2008, Michelin a proposé aux organisations syndicales d’utiliser cet outil pour éviter le chômage partiel. Mais certaines organisations syndicales ont contesté la possibilité d’utiliser le CET collectif en négatif (une dette en jour des salariés vis-à-vis de l’entreprise). L’entreprise a souhaité clarifier l’accord en (...)
9 avril, par Patrice Malingrey
L’intéressement collectif s’articule de cette façon : 3% sont prévus pour la part site et 2% pour la part MFPM. Concernant la part clermontoise, nous obtenons 2,25% sur les 3% atteignables.
C’est un bon score, qui illustre la forte contribution des salariés bien que les objectifs étaient ambitieux. Nous sommes contents d’avoir négocié et signé cet accord. Il faut s’en réjouir collectivement en particulier du bon niveau du TF (relatif aux accidents du travail).
Nous n’avons pas obtenu la renégociation du critère mobilité professionnelle pour 2009 et 2010. Nous pensons que les chances de réussir (...)
16 janvier, par Chris Boyer
En maintenant son score total de 24% malgré une première liste concurrente sur le collège cadre, les élections CE/DP 2008 ont fini de démontrer la représentativité de la section syndicale Michelin CFE-CGC Clermont-Ferrand.
Après un an et demi d’attente et de conflits au sujet d’une loi difficilement applicable dans le contexte Michelin, les élections des délégués du personnel et du Comité d’établissement ont enfin eu lieu. Le taux de participation proche de 70% a montré que ces élections étaient attendues et que les organisations syndicales sont bien représentatives du personnel.
Suite au changement de (...)
16 janvier, par Thierry Coureau
Le télétravail fait partie des outils modernes dont une entreprise internationale ne doit plus se passer. Nous avons étudié avec l’entreprise de manière détaillée les effets, les intérêts qu’un tel accord peut apporter à chacun : meilleure souplesse et organisation du travail, conciliation vie professionnelle /vie privée, et écologie en évitant des déplacements souvent motorisés.
La proposition d’accord se base sur une période de 2 ans renouvelable, basé sur un nombre maximum de 2 jours par semaine, réservé à des salariés en contrat à durée déterminée de 80% minimum, sur des postes où la partie (...)
16 janvier, par Emmanuel Pasquier
Devant les nombreux retours de salariés faisant état de problème de stress au travail, la CFE-CGC demande à l’entreprise en septembre 2007 de créer un groupe de travail paritaire pour travailler sur les facteurs de stress liés à l’organisation du travail.
En novembre 2007, le groupe de travail est créé avec comme méthode : un état des lieux sur une activité ciblée, une enquête et une analyse assistée d’un expert, un plan d’action porté par l’activité auditée, un suivi commun activité/CHSCT.
L’activité retenue pour le sondage est DPPI/MPE (bureau d’études) sur les Carmes, les critères de choix étant un nombre (...)
16 janvier, par Martine Grand
Selon la dernière enquête de McKinsey les entreprises qui ont une plus forte représentation de femmes dans leurs comités de direction ou dans leurs équipes de management sont les plus performantes que ce soit en excellence opérationnelle ou dans leurs résultats financiers.
Les demandes des salariés
Où en sommes nous de la parité chez Michelin ? Quel est le % de femmes dans les instances dirigeantes de l’entreprise (CEG, collège des directeurs et y compris cadres groupe) ? Quels objectifs concrets se fixe l’entreprise pour rééquilibrer la présence des femmes dans les secteurs où elles sont (...)
16 janvier, par Chris Boyer
Fin 2008, la direction de l’entreprise a mis en chômage partiel plus de 550 salariés, agents, collaborateurs et cadres, sur les sites Clermontois pour des périodes de 1 à 14 jours. Ce chômage s’accompagne d’une perte de salaire de 50% du brut sur les jours chômés (environ 40% du net).
La solidarité demandée à tous les salariés
A cette démarche s’est ajoutée la demande faite aux salariés en central de poser des jours de congé sur les deux dernières semaines 2008. Il est plus que regrettable qu’une note n’ait pas été publiée sur le sujet pour clarifier la position de l’entreprise et ce de façon argumentée. (...)
16 janvier, par Pascal Auxerre
Une révolution : la gestion par poste généralisée
Nous avons longtemps reçu le message : « c’est le salarié qui fait grandir son poste et qui grandit avec son poste ». Aujourd’hui la donne change : 3 ans après les cadres les techniciens suivent, les agents étant la prochaine « cible » de la société HAY qui propose la démarche (www.haygroup.com).
Nous entrons dans l’ère de la Gestion par Poste. Le service du personnel avec HAY positionne chaque poste par rapport à des emplois repères représentatifs. L’emploi repère est positionné sur une grille dans des métiers différents. Chaque poste est évalué par (...)
16 janvier, par Dominique Bourgois
Fin 2007, Michelin réalise une des meilleures marges opérationnelles du secteur. Pourtant, elle ne redistribue pas la richesse créée à ses salariés MFPM : pas de participation, un intéressement étal par rapport à l’année précédente et des budgets moyens d’augmentation de salaires à peine en phase avec l’inflation pour les collaborateurs et les agents, soit 85% des effectifs.
Fin 2008, sous couvert de crise sectorielle, les salariés seront mis au régime sec : toujours pas de participation, un intéressement en fort recul et des augmentations salariales moyennes significativement inférieures à l’an (...)